Dimanche prochain, le Sénat français sera renouvelé d’une moitié, comme le prévoit la Constitution. Pour les candidats aux postes de sénateurs des Français établis hors de France, l’heure est à la campagne électorale, dans une circonscription grande comme le monde. Six mandats sont en jeu pour les Français de l’étranger, sur fond d’union et de divisions.
Le 28 septembre prochain, le Parlement français comptera six nouveaux sénateurs des Français établis hors de France, élus pour un mandat de six ans. Depuis la réforme de 2003, le mandat sénatorial a été raccourci de trois ans. Fort de 348 parlementaires, le Sénat est renouvelé par moitié depuis 2008.
Les sénateurs sortants, Robert Del Picchia, Christophe-André Frassa, Richard Yung, Claudine Lepage, remettent leur mandat en jeu. Christian Cointat et André Ferrand ne se représentent pas.
Sept listes de candidats se présentent aux suffrages des 533 grands électeurs (conseillers consulaires, conseillers à l’AFE, députés des Français de l’étranger), pour les Français de l’étranger. Pas facile de faire campagne auprès des représentants des 2,5 millions de Français expatriés, dans une circonscription grande comme le monde! « Les outils électroniques facilitent la communication », explique Christophe-André Frassa, tête de liste UMP-UDI « Union des Français de l’étranger », et sénateur sortant. Richard Yung, sénateur sortant et second de la liste Gauche unie pour les Français du monde, menée par Claudine Lepage, concède avoir fait campagne dans 80 pays et « passer quelques coups de fil ».
Le trio « union-division-exclusion »
Pour cette élection aussi, le trio « union-division-exclusion » s’est invité. À côté de cet affrontement droite-gauche, cinq autres listes se présentent aux suffrages des grands électeurs.
Si Christophe-André Frassa a réussi à constituer une liste d’union UMP-UDI-UFE, en intégrant Olivier Cadic, délégué national de l’UDI pour les Français de l’étranger, en troisième position, il n’a pas réussi à convaincre Séverine Boitier, conseillère consulaire UDI de Montréal, qui a préféré rejoindre la liste de l’homme d’affaires Jean-Pierre Bansard, « Bansard 2014, la voix des Français de l’étranger ». La présidente de l’UDI Canada a été suspendue de son parti le 18 septembre.
Europe Écologie Les Verts, malgré la troisième place de Kalliopi Ango-Éla, sénatrice EELV sortante, sur la liste de gauche, a décidé de présenter une liste « Écologie Citoyenneté Solidarité » menée par Alexandre Chateau-Ducos. Cette liste a reçu le soutien de Cécile Duflot.
Le sénateur sortant UMP-RFE Robert Del Picchia espère bien renouveler son mandat, et compte sur les conseillers estampillés RFE, qu’il a fait élire face aux candidats de l’UMP, lors des dernières élections consulaires. Il présente une liste « Les Indépendants : innovons ensemble », sur laquelle figure l’américain et ancien candidat aux élections législatives Damien Régnard, mais pas le montréalais François Lubrina, pourtant vice-président du RFE Amérique du nord.
Deux autres listes, « Notre France, notre maison », et « La cohésion nationale » briguent également les suffrages des grands électeurs pour ce scrutin.
Portrait croisé de deux candidats : Christophe-André Frassa (UMP) et Richard Yung (PS)
Un reportage à Paris de Nathalie Simon-Clerc
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