Dans un long article publié dans La Presse, le 27 octobre 2025, le journaliste québécois Philippe Teisceira-Lessard s’interroge sur le modèle social de la France, en proie à un déficit public hors de contrôle et une instabilité politique chronique. Entre générosité sociale et déficit public abyssal, la France peine à maintenir son modèle de redistribution, au risque d’un effondrement économique et politique.
Symbole de la solidarité nationale, les caisses d’allocations familiales françaises versent plus de 100 milliards d’euros par an. À cela s’ajoutent les retraites et la santé publique, faisant de la France l’un des pays les plus dépensiers d’Europe en matière sociale. Mais cette générosité fragilise désormais ses finances : la dette publique frôle les 3500 milliards d’euros et le déficit atteint 5,8 % du PIB, bien au-delà des engagements européens.
Selon Roland Gillet, professeur à la Sorbonne, « la France ne va pas dans la bonne trajectoire ». L’économiste pointe une instabilité politique inédite : six gouvernements se sont succédé depuis 2024, incapables de s’entendre sur des réformes impopulaires mais jugées nécessaires.
Dans un pays déjà ébranlé par les tensions autour de la réforme des retraites, les manifestations se multiplient pour défendre un modèle social considéré comme un pilier national. « Et pas un jour de plus ! Et pas un euro de moins ! », scandaient encore les manifestants à Lyon en septembre.
Sur le terrain, le ralentissement industriel accentue la crise. La fermeture de l’usine Cotelle dans le Rhône, comme tant d’autres, symbolise la perte de 2,5 millions d’emplois industriels depuis 1975. Pour Michel Hau, historien de l’économie, « la générosité de l’État-providence est trop financée par le travail et les entreprises ».
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