Le Délégué général du Québec à Paris était de passage à Montréal pour la rencontre des représentants du Québec au Canada et à l’étranger. Henri-Paul Rousseau multiplie les rencontres avec les entrepreneurs afin de les convaincre de se tourner vers l’Europe. Cette démarche est essentielle, car la France ne représente actuellement que 3,1 % des exportations du Québec, contre 50% vers le voisin américain.
Dans une entrevue donnée à Patrick Masbourian le 27 octobre sur les ondes de Radio-Canada, M. Rousseau milite pour une intensification des relations commerciales franco-québécoise: https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/tout-un-matin/segments/rattrapage/2210256/entrevue-avec-henri-paul-rousseau-renforcer-relations-franco-quebecoises
Une stratégie axée sur l’Intensification
La stratégie pour renforcer les relations commerciales avec la France et l’Europe s’articule autour de trois approches. La substitution vise à remplacer un fournisseur existant en Europe par une entreprise québécoise. C’est l’approche la plus longue, pouvant nécessiter 7 à 8 ans, et elle est seulement envisagée lorsqu’une opportunité réelle se présente. La complémentarité propose un produit ou service québécois qui vient résoudre un problème ou compléter une chaîne existante. Cependant, l’approche privilégiée est l’intensification : aider les entreprises qui exportent déjà vers l’Europe à augmenter leurs activités.
L’aéronautique et les wagons de la croissance
Les secteurs de l’aéronautique, de la défense et de la sécurité sont la locomotive de cette stratégie, le Québec étant le 3ème centre mondial dans le domaine aéronautique. Ces entreprises sont souvent « duales » (faisant à la fois du civil et de la défense), et environ 80 % du produit utilise la même chaîne d’approvisionnement et de fabrication. Il cite Airbus, Thales, Safran,…
M. Rousseau priorise ce secteur, qu’il qualifie de plus en plus de « trial » en raison de l’intégration cruciale de la cybersécurité, essentielle pour protéger les données et les infrastructures. « La cybercriminalité est d’ailleurs le secteur le plus lucratif pour la mafia », selon M. Rousseau. L’objectif est une intégration dans les chaînes françaises, semblable à celle déjà établie avec les États-Unis. Le DGQP va rencontrer des entreprises françaises et québécoises de ce secteur pour renforcer leur intégration. « Il faut monter en puissance! », ajoute-t-il.
D’autres secteurs suivent comme des « wagons » de croissance. Le premier inclut les services, l’intelligence artificielle (IA) et les technologies de l’information (TI). Le deuxième wagon comprend la machinerie, l’équipement, et les minéraux critiques et terres rares (comme le titane et le cadmium) nécessaires à l’industrialisation. La transition énergétique est également un domaine clé, car l’Europe a dépassé le point où l’économie et la transition énergétique vont de pair. Les grands joueurs français exigent d’ailleurs que leurs fournisseurs se qualifient dans la décarbonation. Le secteur de la santé (équipements médicaux, robotique hospitalière) présente aussi d’importants débouchés.
« On va pouvoir ainsi créer un vrai TGV de la croissance économique et l’intégrer avec la France », croit Henri-Paul Rousseau.
(crédit photo: V. Baillais – DGQP – Facebook)




























