La présidente-directrice du musée du Louvre, Laurence des Cars, était l’invitée du Conseil des Relations Internationales de Montréal (CORIM) le 1er octobre 2025. Prenant la parole sur le thème ambitieux « Un monde en crise, quel défi pour la culture ? », la dirigeante a exposé la responsabilité essentielle des institutions culturelles. Brossant le portrait du musée français ouvert en 1793, qui compte 2 300 agents, Laurence des Cars a insisté sur les missions du célèbre musée: cohésion sociale, démocratisation, défense de la science et de la connaissance, préservation du patrimoine et de la culture avec le plus grand nombre.
« Comment être sourd à notre époque ? Nous rendons contemporaines des œuvres qui ont 9 000 ans », lâche Mme des Cars. Le Louvre, qu’elle dirige depuis septembre 2021, est « sans doute le musée de tous les superlatifs ». Depuis plus de 230 ans, il est un « musée monde » par ses collections, riches de « près de 600 000 œuvres qui reflètent l’infinie diversité de la création humaine », et par son public. En 2024, le musée a accueilli « plus de 9 millions de personnes », dont « 69 % étaient des visiteurs étrangers ». Sa vocation universelle s’étend à l’international avec « plus de 75 partenaires étrangers », dont le Louvre Abu Dhabi, inauguré en 2017 et désormais « le musée le plus visité du monde arabe ».
Le Louvre, qu’elle dirige depuis septembre 2021, est « sans doute le musée de tous les superlatifs ». Depuis plus de 230 ans, il est un « musée monde » par ses collections, riches de « près de 600 000 œuvres qui reflètent l’infinie diversité de la création humaine », et par son public. En 2024, le musée a accueilli « plus de 9 millions de personnes », dont « 69 % étaient des visiteurs étrangers ». Sa vocation universelle s’étend à l’international avec « plus de 75 partenaires étrangers », dont le Louvre Abu Dhabi, inauguré en 2017 et désormais « le musée le plus visité du monde arabe ».
Le Louvre, outil de préservation de l’histoire de l’humanité
« Le Louvre n’est pas confiné à l’isolement et sourd aux crises. Au contraire, il est une chambre d’écho des enjeux mondiaux qui traversent notre époque », explique Laurence des Cars. Pour elle, ces enjeux sont multiples, allant de la crise climatique à la multiplication des conflits armés et avec eux des destructions patrimoniales (les bouddhas géants de Bamiyan), ainsi que les fractures aigues qui traversent nos sociétés.
Face à ces bouleversements, elle a développé la conviction profonde que l’établissement porte une responsabilité essentielle dans la préservation d’un patrimoine commun — qu’il s’agisse des collections du musée, retraçant plus de 9 000 ans d’histoire humaine, ou des sites menacés à travers le monde. Dans cet esprit, le Louvre a participé à l’évacuation de seize chefs-d’œuvre du Musée Khanenko de Kif et contribué à la réhabilitation du musée de Mossoul, en Irak.

Le Louvre, lieu de dialogue entre les publics
La préservation est corrélée à la transmission, car « Le patrimoine, les œuvres d’art ne vivent réellement que si ils sont transmis ». La « grande révolution des musées de ces 40 dernières années » est centrée sur le public. Le musée doit devenir un « lieu de dialogue et d’interaction entre les œuvres et les publics ». Le succès du Louvre-Lens, conçu comme un lieu de « cohésion sociale » au cœur d’une région éprouvée par la désindustrialisation, en est la preuve éclatante, ayant accueilli « plus de 5 millions de visiteurs en 10 ans ».
Le Louvre est aussi un lieu de « réinvention ». L’annonce en 2021 de la création du nouveau département des Arts de Byzance et des chrétientés en Orient s’accompagne de renouvellements des parcours, visant à faire comprendre aux visiteurs l’histoire des échanges entre les cultures méditerranéennes et moyen-orientales à l’horizon 2027. De même, la galerie des cinq continents, qui ouvrira en novembre prochain, sera un « tournant pour notre musée », incarnant l’esprit du Louvre de « faire dialoguer les œuvres et les civilisations… pour mieux éclairer le présent ».
Face à sa fréquentation exceptionnelle, le projet Louvre Nouvelle Renaissance, engagé en janvier, vise à le rendre plus résilient plus accueillant plus moderne relié à la ville et au public. Ce projet prévoit notamment une nouvelle entrée (côté est) et de nouveaux espaces, dont une salle entièrement dédiée à « la Joconde ».
Dans un contexte d’incertitude, les musées sont des « lieux du temps long qui tiennent ensemble la profondeur des siècles qui nous ont précédés et l’actualité la plus brûlante », conclut Laurence des Cars. Ils sont des « traits d’union des liens entre les sociétés » qui offrent le temps de la réflexion et de l’émotion fédératrice, permettant ainsi d’envisager l’avenir « sinon avec certitude, du moins avec plus de sérénité ».
(crédit photos: le Corim)
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