Le 22 août, le road movie On ira, réalisé par Enya Baroux, sortira sur les écrans du Québec. Le film raconte l’histoire de Marie (Hélène Vincent), 80 ans, qui vit seule dans sa maison et peine à accomplir les tâches les plus simples du quotidien. Un cancer, qu’elle croyait avoir vaincu quelques années plus tôt, refait surface et se généralise. Épuisée par la douleur et les limitations, Marie décide d’en finir. Le problème, c’est qu’elle doit en parler à Bruno (David Ayala), son fils immature, et à Anna (Juliette Gasquet), sa petite-fille en pleine crise d’adolescence, révoltée contre l’inertie et les magouilles de son père.
Complice involontaire de cette aventure, Rudy (Pierre Lottin), un auxiliaire de vie rencontré la veille, prend le volant du vieux camping-car familial et entraîne cette famille dans un voyage aussi inattendu qu’initiatique.
Le sujet est d’actualité : il rappelle Le Dernier souffle de Costa-Gavras, sorti récemment, un film grave, nuancé et empreint de compassion. Ici, Enya Baroux choisit la comédie et la légèreté, tout en abordant les questions existentielles sans tabou ni discours moralisateur.
Hélène Vincent incarne une femme joyeuse mais fatiguée, qui décide, en toute lucidité, de mettre fin à ses jours. On suit alors le véritable parcours du combattant qu’elle doit affronter pour parvenir à ses fins — une démarche encore loin d’être simple, même en 2025. Lumineuse et espiègle, Hélène Vincent fait briller le jeu de ses partenaires, comme elle le faisait déjà dans La vie est un long fleuve tranquille.
Entre quiproquos, dialogues tour à tour drôles et émouvants, le scénario alterne rythme soutenu et moments de réflexion. Avec ce premier long métrage réussi, Enya Baroux parvient à aborder des thèmes sensibles avec humour et tendresse. Elle nous fait rire de la mort, la transformant en une destination qu’on atteint en klaxonnant, dans un éclat de rire et un joyeux désordre. Sans oublier la bande sonore : Voyage, voyage !
Si plusieurs critiques ont qualifié ce film de bijou, je ne serais pas aussi catégorique. Ce film grave met en lumière une famille bancale de trois générations qui roule, cahin-caha, vers l’inéluctable, avec vitalité, humour et tendresse. On ira n’est sans doute pas le film de l’année, mais il relève avec brio le défi d’aborder la mort avec légèreté et humanité. N’est-ce pas déjà une très belle réussite ?




























