Le film « Partir un jour », film d’ouverture du festival de Cannes 2025, est arrivé sur les écrans du Québec. Entre comédie musicale, comédie romantique et film trop sage, ce premier long métrage de fiction signé par Amélie Bonnin divise les spectateurs et la critique.
Le film raconte l’histoire de Cécile (Juliette Armanet) qui, alors qu’elle s’apprête à ouvrir son propre restaurant gastronomique et à réaliser enfin son rêve, apprend que son père (François Rollin), tenancier d’un restaurant routier, a eu un infarctus. Elle décide, contre toute attente, de rentrer en catastrophe dans son village natal où elle croise par hasard Julien (Bastien Bouillon), son amour d’enfance. Des souvenirs remontent à sa mémoire tandis que ses certitudes se fragilisent.
Disons-le tout de suite, ce film n’a rien d’original, d’autant qu’il reprend dans un format de 98 minutes le court-métrage, « Partir un jour », qui avait tout de même valu à Amélie Bonnin le César du meilleur court-métrage en 2023.
L’histoire est simpliste, les scènes s’enchainent sans que l’on comprenne vraiment ce qu’elle a voulu raconter dans ce premier film… si ce ne sont des souvenirs qui remontent à la mémoire. Mais pour quelle conséquence, nul ne le sait !
De plus, les multiples intrigues — entre l’ouverture du restaurant, la recherche du plat signature, la grossesse secrète, les tensions amoureuses et familiales — dispersent le récit dans trop de directions, sans qu’aucune ne se développe de manière réellement convaincante.
Et puis, qu’est-ce que c’est que cette mode de remplacer des dialogues par des chansons d’artistes connus que les acteurs chantent ?
C’était nouveau et intéressant dans « On connait la chanson », il y a plus de vingt ans, mais aujourd’hui ce n’est pas très crédible, surtout lorsque les acteurs, dont ce n’est pas le métier, poussent la chansonnette. Même Juliette Armanet ne parvient pas à rendre son rôle plus crédible en chantant ! Par ailleurs, ce chœur d’acteurs sans-voix ne remplace pas réellement des dialogues qui auraient surement pu enrichir et bonifier le film.
Quant aux acteurs, Cécile n’a jamais tort, même pas un peu… Les « pas beaux », ce sont toujours les autres, et elle ne se remet pas en question. C’est un peu lassant. François Rollin, cet acteur du Français, s’en sort relativement bien dans un rôle mécanique et rigide. Mais, à mon sens, seuls Tewfik Jallab (Sofiane, le compagnon de Cécile) et Dominique Blanc (Fanfan, la mère de Cécile) tirent leur épingle de ce jeu flou.
Bref, à l’opposé du film récent Vingt Dieux qui, lui aussi, abordait avec beaucoup de tendresse et de finesse, le retour aux sources, ce film est mélancolique et un rien maladroit. C’est le film banal d’une histoire banale pour un banal dimanche soir de pluie.
Film musical d’Amélie Bonnin. Scénario d’Amélie Bonnin, Dimitri Lucas. Avec Juliette Armanet, Bastien Bouillon, Dominique Blanc, François Rollin, Tewfik Jallab. France, 2025, 94 minutes. En salle.




























